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Commençons par un peu d'histoire :
Souvenez-vous il y a quelques années (ouais... enfin lisez ça), sortait un manga prenant pour thème un sport pas
spécialement populaire au Japon... Et alors que, pour beaucoup, le basket
se résumait aux informations approximatives qu'on avait de Michael Jordan (l'est noir, l'est fort, l'est riche), l'auteur, en véritable
passionné, avait réussi, par son humour, un style graphique en constante
progression et des matchs extrêmement réalistes, à nous faire vibrer pendant 31
tomes... Moi en tout cas et une bonne partie des japonais qui l'avait récompensé
en achetant plus de 100 millions d'exemplaires de sa série, en faisant le manga le
plus vendu de l'histoire en chiffre par tome devant l'incontournable Dragon Ball
de Akira Toriyama.
Takehiko
Inoue, par ailleurs ex-assistant du grand Tsukasa Hojo (City Hunter et Cat's Eye pour les plus connus),
décide, après quelques courtes séries, de se consacrer à un autre projet,
inspiré celui-là de l'œuvre d'Eiji Yoshikawa, l'excellent et (selon ses dires) épuisant Vagabond
voit le jour... Et histoire de me faire un peu de pub (c'est mon blog quand
même), je rappelle que j'ai écrit une
note dessus... et ce n'est étonnamment pas la pire.
Bref, désireux de revenir à ses anciens amours et surtout son
sport fétiche, Takehiko Inoue entame, en 1997, Buzzer Beater puis Real, un
manga sur... l'handi-basket, comprendre le basket en fauteuil roulant. Un sujet
difficile à traiter, sans tomber, comme beaucoup d'œuvres, dans la facilité à
force d'abuser d'une narration pseudo-larmoyante mais dont Inoue parvient à
éviter les écueils. Et l'histoire ?
Un accident de moto, un renvoi du lycée, et voilà le jeune Nomiya
contraint de quitter le club de basket, laissant le champ libre au
populaire et prétentieux Takahashi... Et puis il y a cette fille,
Natsumi, celle qui squattait le siège arrière de sa moto et dont
l'accident a provoqué la paralysie des jambes, elle n'a plus dit un mot depuis, et c'est Nomiya le
responsable, SBF (Sans Boulot Fixe) à ses heures perdues, qui tente de la faire
sortir de son mutisme. Sans succès. Mais c'est au cours d'une de leurs
promenades qu'il entend les bribes de l'entraînement d'un jeune joueur de
basket... Il s'appelle Kyoharu Tokagawa, il est en fauteuil roulant et cette
rencontre est loin d'être la dernière.
Et en développant (un peu) ?
Difficile d'éviter la comparaison... Real parle de
basket certes, et c'est sur qu'on y ressort un peu moins inculte sur
les multiples règles régissant ce sport, mais tout en y apportant
l'humour et le réalisme qui faisaient le charme de sa précédente série,
le mangaka préfère concentrer son récit sur l'existence de ces joueurs
en dehors du terrain ; leurs histoires, leurs malaises, tout y est
distillé là où Slam Dunk, ses matchs
de xx tomes et son esprit d'équipe exacerbé, se contentait de quelques passages
sympathiques certes mais assez sommaires en comparaison du reste.
Et si certains ont, comme moi, tendance à rester de marbre
devant tous ces mangas sportifs, encensés par les critiques, où des personnages
ultra poseurs y racontent leurs vies (I'll), où
la singularité de la narration (on ne peut pas faire plus évasif) les empêche
d'apprécier quoi que ce soit de l'histoire (Ping Pong) et où une gamine lobotomisée par la danse y fait des prestations surréalistes (Subaru à partir du
tome 2), Real, par la personnalité et la diversité de ses personnages, un auteur
extrêmement bien renseigné et un style graphique accrocheur réussira - peut être
- à vous séduire.
Pour résumer, la série pourrait se diviser en un premier tome qui
sans être transcendant se révèle relativement prometteur et une suite plus
convaincante. C'est en vente chez Kana, toujours en cours au Japon comme en
France et 7 tomes vendus à 8,50 € l'unité composent, à l'heure actuelle,
son palmarès... Je sais, c'est cher mais vu la lenteur du rythme de parution
(l'auteur continuant Vagabond en parallèle), le prix est largement amoindri avec
le temps... Et c'est quelqu'un qui se sert allègrement dans le rayon manga de sa
bibliothèque qui écrit ça (mais j'ai commencé à les acheter hein).