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Bref, le résultat est plutôt sympathique mais manque encore de personnalité... En définitive, si Pink Diary n'apporte au final rien de nouveau à la production manga, celle-ci s'avère relativement prometteuse pour les futures BD de la franco-mangaka qui, si elle parvient à éviter les défauts de sa première série, pourraient bien faire des étincelles.
Sinon, entre deux gaffes, je vends des book de manière parfois excessive (c'était marrant... à ce qu'il paraît), revoit des étudiants de ma promo, des gens de ma ville, d'anciens voisins, entrevoit quelques VIP et rencontre divers forumeurs (même que je n'ai pas pu m'empêcher de parler de Mike Patton à l'un d'entre eux *apprends à te taire, maevaa*)... Enfin, il n'empêche que je m'éclate toute la journée.
Les causes ? Classiques : ventes merdiques (700 exemplaires par tome), en dépit d'une critique unanimement conquise. On a beau s'en douter (ça faisait quand même un an qu'on attendait le tome 7), cela laisse toujours un gout amer de se voir confirmer ce qu'on craignait... D'autant qu'après Goong ~ Palais, c'est encore une de mes séries préférées qui est stoppée. C'est frustrant... et ça fait mal au porte-monnaie (surtout que ma bibliothèque les avait).
On n'attendait plus sa sortie mais ce sera bientôt chose faite. Pika vient d'obtenir les droits de Yamato Nadeshiko Shichi Henge aka Perfect Girl Evolution (merci Mangaverse). L'éditeur, entre autres, de GTO (rien à voir niveau scénario mais le potentiel comique est à peu de choses près identique), rajoute ainsi à son catalogue l'un des shôjo les plus décalés du paysage manga français (dithyrambe ? Mais pas du tout "^^). "L'excellent manga d'où provient mon avatar", c'est lui !
Et pour ceux et celles qui n'en ont encore jamais entendu parler : Yamato Nadeshiko 7 Henge est une des séries en cours (d'être vraisemblablement achevée... ou pas) de 20 tomes prépubliée dans le Bessatsu Friend de la Kodansha et nous présentant une héroïne particulièrement "dark", contrainte de loger avec 4 beaux gosses, chargés de la transformer en véritable "lady" afin d'obtenir 3 ans de loyer gratos... Le résumé n'est, je vous l'accorde, pas spécialement attrayant, la base pas d'une grande originalité (d'autant que le style graphique peut déplaire) mais le développement l'est beaucoup moins. Celui-ci a, par ailleurs, bénéficié d'une adaptation animée assez désastreuse (surtout niveau chara design), d'une qualité bien en deçà de la version papier.
Bref, à tous ceux qui croient - à tort - qu'un shôjo ne se résume qu'à un beau ténébreux, une héroïne cruche et tout un tas de péripéties qui les feront terminer ensemble (lisez ça), qui ont adoré l'humour et le n'importe quoi d'Host Club, je pense que le mois d'Octobre pourra vous réserver quelques bonnes surprises.
À la troisième et dernière conférence du Village Manga au Salon du livre... la
plus "discutée", celle sur les shôjo mangas. Animée par des intervenants
passablement énervants : Carla, la journaliste d'Animeland qui coupait la
parole dès qu'elle en avait l'occasion, un Bruno Pham et une
journaliste (toujours la même) un peu trop "grimaçants" qui parlaient sans cesse
entre eux... Pas très respectueux et quelque peu désagréable pour ceux qui
regardaient.
Il y avait des choses que je savais :
-
les frontières floues entre les différentes formes de shôjo qui, comparé à son équivalent masculin, bénéficie d'une séparation moins marquée : il y a une distinction très claire entre Shônen Jump pour jeune garçon, les magazines seinen comme le Young Jump plutôt adulte/adolescent et le Business Jump visant un public bien installé dans la vie active qui n'existe pas forcément dans les mangas pour filles, le lectorat cible du Hana To Yume de Natsuki Takaya étant sensiblement plus jeune que celui du Petit Comics dans lequel prépublie Yuki Yoshihara, alors que leurs mangas appartiennent pourtant à la même catégorie,
-
le retard de la BD franco belge à proposer des séries balayant une tranche d'âge plus large.
D'autres que j'ai appris :
-
la difficulté à différencier un shôjo d'un josei qui peut en partie venir de l'éditeur nippon, la Kodansha ne procédant pas à une catégorisation en matière de mangas pour filles,
-
le travestissement qui peut être interprété comme une forme de féminisme, le premier shôjo n'étant autre que le célèbre Princesse Saphir d'Osamu Tezuka.
Conférence relativement intéressante si ce n'est la mini
polémique amenée par les bons soins de la journaliste d'Animeland (elle
était gentille et disait des choses très pertinentes mais "respect du temps de
parole" semblait être une expression inconnue de son vocabulaire) sur l'âge
adapté à une lecture de Fruits Basket ; le traitement de certains personnages
(Kyo pour ne citer que lui) étant susceptible de choquer les moins de 12 ans
alors que celui-ci est paradoxalement un des premiers shôjo qu'on tendance à
conseiller les libraires, de la boutique aux jolis marque-pages gratos notamment, au moins de 14 ans... Qui
a dit pinaillage ?
Et entre les différentes prises de bec, j'ai quand même retenu
la phrase de Bruno Pham "faudrait arrêter de prendre les enfants pour des cons"
*aime remuer le couteau dans la plaie*. Pas que je le conseillerais au moins de
10 ans mais Fruits Basket étant un manga plein d'humanité dont ma voisine de (presque) 11 ans (et demi) ne tarit pas d'éloges, j'étais relativement d'accord, d'autant qu'on a pas
attendu 12 ans pour se battre, se taper dessus ou exclure délibérément quelqu'un
d'un groupe (je sais, pas très solide comme argument).
Un "tout dépend de la sensibilité, perception etc... de chacun"
a cependant permis de clôturer la discussion appuyé par l'exemple le plus
pertinent qui soit... le dessin animé Candy, dont tous les mecs finissent par
crever et que
la plupart des petites filles trouvaient super mignon mais qui pouvait être
perçu de manière plus négative chez certaines. Les français l'avaient d'ailleurs
bien compris : Ils disaient "Anthony est parti" mais c'est marrant à chaque fois
qu'on évoquait son départ, il y avait plein de crucifix et les images derrière
représentaient des cimetières. *Propos du représentant de Tonkam modifié par mes
soins... et ma mémoire*... Oui, j'avoue qu'il m'a un peu saoulé ce débat.
Et les dédicaces... Étant donné que les auteurs que je voulais voir sont respectivement passés les jours où je ne pouvais pas (Samedi) et où il y avait trop de monde (Dimanche), j'ai manqué Frederik Peeters (Lupus, RG, Pillules Bleues), Art Spiegelman (Maus), Alice Picard (Weëna), Marguerite Abouet et Clément Oubrerie (Aya de Yopougon). Je me suis néanmoins fait dédicacer mon Raghnarok par Boulet et une carte postale par Benjamin.
Mention spéciale... À Boulet qui semble aussi sympa que son blog (bon j'étais un peu intimidée donc je me suis juste contentée de sourire à toutes les plaisanteries vaguement marrantes qu'il sortait mais il m'a quand même fait une super impression), l'ambiance du stand Asuka/Kaze et son personnel très facile d'accès (je ne voulais rien acheter et je suis repartie avec un coffret Gunslinger Girl, mon portefeuille en a souffert... Ne me traitez pas de pigeons !).
Les news croustillantes, les infos pipoles, les choses dont on
se fout...
Akata a acquis Otomen de Kanno Aya, "un mec qui aime les trucs de filles [...] c'est super drôle" - Bruno Pham sur un ton humoristiquement efféminé. Je précise parce que dis comme ça, ça fait peur mais dans le contexte, ça donnait envie et sachant que ce manga fait plus de la moitié des couvertures du Betsuhana de Hakusensha, ça mérite un petit coup d'oeil (oui, je sais, ce n'est pas un argument très pertinent).
Boulet prépare une BD regroupant les meilleures notes de son blog (ça c'était connu) qui pourrait être anecdotiquement intitulée Notes (avec ou sans "s", telle est la question).
Ah oui et Yuu Watase est une chieu... "une personne très fragile qui a besoin de beaucoup d'attention".
Au salon du livre. Un rendez-vous qu'une francilienne en pleine crise glandouillère se devait de ne pas rater. Et puis 1. C'était gratos, 2. Je n'y suis jamais allée, 3. Ma soif de connaissance se résumant dernièrement à Perez Hilton et le myspace de Serj Tankian, je n'avais aucun motif pour boycotter quoi que ce soit, la polémique sur les auteurs israéliens mettant un peu passé au dessus.
Donc au programme de la journée : 2 conférences, une dédicace et une ballade à travers les différents stands des éditeurs BD. Arrivée un peu après 16h pour la première conférence de ma journée... la plus sympa. Celle sur les blogs BD (il y avait Boulet !), drôle aussi (grâce à Boulet !) et intéressante grâce aux autres (Cha et pas Sha comme écrit sur la brochure, Stéphane Beaujean... et Boulet !). Le problème c'est qu'avec ma mémoire de poisson ro... extrêmement sélective, je n'ai retenu que des choses hautement "essentielles". Donc histoire de mettre ma (petite) pierre à l'édifice dans le guide du bon blogueur BD, on va procéder de cette manière :
Ce qu'on croit mais en fait c'est pas vrai :
Blog BD n'est pas synonyme d'augmentation exponentielle des
ventes. Certains projets sont certes susceptibles d'intéresser un éditeur comme
Cha avec les Allumeuses
mais les ventes de leurs séries sont paradoxalement restées sensiblement les
mêmes. Constat plus "affligeant" : le blog de Boulet qui totalise en moyenne
20000 à 35000 visites (visiteurs serait plus logique, je crois) contre 15000
exemplaires de Donjon vendus ; la gratuité, l'accessibilité, les sujets abordés
et la fréquence d'actualisation du média n'étant pas étrangers au phénomène.
Ce qu'il ne faut (absolument) pas faire :
Se pointer avec des carnets à dessins mettant en première page
(en dernière et même au milieu) certaines notes de son blog. Parce que d'une,
c'est agaçant, de deux l'éditeur n'aura pas plus d'estime envers ledit
dessinateur (ça pourrait même être l'effet inverse) et que ça ne va pas
forcément l'aider à juger les capacités de ledit blogueur à pondre une série
intéressante. En résumé : rien à foutre de savoir quelles notes d'un blog sont
les plus plébiscitées par les lecteurs si il n'y a pas de réelles idées
derrière.
Ce qu'ils pardonnent (difficilement mais ils peuvent se montrer
relativement indulgents... enfin façon de parler) :
Les images de leurs blogs sont soumises à des droits
d'auteurs... donc à eux. C'est dur mais pour mettre un extrait ou une note
provenant de Bouletcorp, Ma vie est une bande dessinée etc...
sur un site, un magazine ou un journal quels qu'ils soient et quel qu'en soit le
but, il faut payer.
Ça peut vous faciliter la vie :
Une oeuvre personnelle, une revue à éditer ? Lulu.com propose aux auteurs professionnels
ou amateurs de s'autopublier (ou presque) sans passer par la machine éditoriale
classique.
Et l'avenir... Pourquoi pas une publication de premières planches d'un album sur le net (les Allumeuses ?) voire tout un album pour Cha, un truc un peu à la Kanabox avec la possibilité de donner son avis, si j'ai bien compris.
Ce qui m'a fait marrer :
Blog BD à succès n'est pas égal à
"Ouais ! A moi, la gloire, l'argent... et les filles" ! - Boulet.
Qu'est-ce qui fait le succès de ton blog ? Réponse de Boulet (un peu modifiée par mes soins... et ma mémoire) : "Je reste persuadé que les filles savent en allant sur mon blog que je suis extrêmement beau et intelligent"... Phrase répétée au moins 3 fois au cours de la conférence.
Derniers mots de l'animateur : Et pour répondre à la
question "est-ce que les blogs constituent un moyen pour se faire connaître
?"
Réponse de Cha et Boulet : Non... Enfin, oui, un peu.
Boulet :
Et on a mis une heure pour arriver à cette conclusion.
J'ai bien écrit que je n'avais retenu que des choses hautement "essentielles" ^^'.
Deuxième conférence... la plus clairsemée. Celle sur les mangas
de bouche avec les Gouttes de Dieu chez Glenat à qui on pourra difficilement
reprocher de ne pas déployer tous les moyens possibles pour que le titre
fonctionne... A commencer par la mise en vente du premier tome, 15 jours avant sa
sortie officielle, et les énormes panneaux stratégiquement disposés à proximité
de la caisse et des XIII de Van Hamme, beaucoup plus imposants que la
soi-disante exposition Nana du village Manga (3 murs, 3 affiches expliquant
vaguement les thèmes et l'histoire du shôjo, une table et deux chaises...
c'était minable). Ils ont même pensé à la gent féminine en mettant au centre le
héros super canon chemise ouverte (ou presque), verre de vin à la main dans une
position pour que toutes personnes digne de ce nom aient envie de l'aider à...
prendre son bain. L'altruisme, le dévouement envers mon prochain, tout ça résume
parfaitement mes principaux traits de caractère ^^'.
La magie des imprévus et de l'organisation ayant fait des
mangas de bouche la seule et unique conférence. Plutôt qu'à un éclaircissement
sur "les genres du Manga" et la "diversité extraordinaire des thèmes :
historiques, futuristes, artistiques, sentimentaux, sportifs, et les Mangas du
métier (notamment l'œnologie, la boulangerie, la médecine, les sapeurs
pompiers...)", on a eu droit au même sujet évoqué de manière plus expéditive car
uniquement centré sur "la sortie des Gouttes de Dieu".
Un peu déçue sur le coup, même si Stéphane Ferraud, le
directeur du département Manga de Glenat s'est montré relativement convaincant.
Et cela en dépit du fait que le professeur invité pour nous éclairer sur l'œnologie ne semblait pas savoir que le public présent était en grande partie
composé de néophytes... je crois (c'est quoi l'amertume en œnologie ?), la
façon dont il feuilletait le bouquin en début de conférence supposant qu'il
n'avait pas (encore) eu l'occasion de le lire... ou peut être était-ce seulement
pour se remémorer certains passages.
Donc, histoire que les 45 minutes passées à écouter cette conférence me servent à quelque chose (pas été très motivée pour le quizz)... Les Gouttes de Dieu est un seinen de 15 tomes, toujours en cours prépublié dans le Morning de Kodansha vendu au prix de 8,99 € (quand même). Véritable phénomène au Japon, la série comptabilise aujourd'hui plusieurs millions d'exemplaires vendus à son actif.
Ce que j'en ai retenu...
Un côté Slam
Dunk avec un héros profane abhorrant tout ce qui se rapporte de prêt ou de
loin à l'œnologie, un soupçon d'Obata dans le dessin, du Yakitate !! Ja-pan
dans l'humour (l'éditeur évoquait un passage où le héros se rappelait d'un
concert de Queen en gouttant un vin), un peu dans l'intrigue (deux frères, le
gentil qu'on a envie qu'il gagne et le méchant-connard qui se battent pour
l'héritage de leur père), mais qui au vu du magazine de prépublication s'adresse
à un public plus âgé avec une trame très Da Vinci
Code comportant son lot d'intrigues, de machinations et une épopée à travers
le monde.
Plus d'éclaircissements avec le synopsis made in Glenat...
Lorsque Yutaka Kanzaki, oenologue mondialement connu,
décède, le monde du vin est en émoi. En effet, le maître possède l’une des plus
extraordinaires caves dont on puisse rêver. Shimizu Kanzaki, le fils du maître,
lui, n’est en rien un amateur de vin. Employé de brasserie, il fut même plutôt
rebelle à ce père tant obsédé à lui faire découvrir les arômes des vins, qu’il
finit par l’en dégoûter. Tout le contraire de son frère, le sombre Issei, fils
adoptif du maître, qui a suivi une brillante carrière de sommelier. À qui
reviendra la cave de Yutaka Kanzaki ? Le testament du maître est clair : à celui
des deux frères qui résoudra 12 énigmes sur 12 vins, et découvrira quel est ce
13e et mystérieux vin, inconnu de tous, et que le maître surnomma « les gouttes
de dieu ». Une chasse au trésor en forme d’enquête policière va opposer les deux
frères aux caractères et parcours opposés : le talent et la technique de Issei,
contre la sensibilité et l’émotivité de Shimizu.
Sortie officielle le 4 Avril 2008.
Fin de ce pseudo thème au nom pour le moins radical, un peu obscur pour les néophytes... Et conclusion assez succincte sur deux excellents mangas.
L'un prend forme dans une société italienne utilisant des méthodes similaires à celles des extrémistes religieux et guerres dans des pays soi-disant sous développés, l'autre en suivant le parcours rocambolesque d'un homme en devenir.
Mais tous deux traitent de gamins dont la particularité, un événement ou un mode de vie, les empêchent de profiter pleinement de leur enfance.
Donc, des œuvres très différentes dans la forme, pas autant dans le fond qui offre pour la première l'avantage de pouvoir émettre un avis définitif dès le tome 1 mais qui par le sadisme, la cruauté, l'égoïsme... enfin une démonstration assez brutale de la plupart des défauts caractérisant la nature humaine peut s'avérer être une lecture plus pénible dans le cas du deuxième. Seulement, à respectivement 7,95 et 7,50€, 2 ovnis de la planète manga valent bien une petite prise de risque, non ?
Une histoire qui commence comme une comptine : un papa à la montagne, une maman résidant à la mer, ils se rencontrent, se marient et font Ki-itchi.
Ki-itchi, parlons-en, est un gamin se distinguant par un mutisme permanent, des glandes lacrymales rarement mises à contribution, mettant un point d'honneur à ne jamais se montrer en position d'infériorité... et, comme Amel Bent, à toujours garder le poing levé *vive les comparaisons pourraves*.
Mais K-itchi, est aussi débrouillard, (trop) bagarreur, l'incarnation de la virilité poussée à son paroxysme. Et c'est dans une société tout ce qu'il y a de normal qu'il évolue entre l'école, ses parents et ses escapades solitaires...
Et mon avis...
Le mioche manga de base est enjoué, a toujours les yeux brillants et possède cette faculté toute enfantine de passer du rire aux larmes en restant le plus mignon possible, ceci allant de pair avec une petite frimousse qui dit 'je deviendrai une bombe sexuelle ou un beau gosse (selon les cas) plus tard".
Rien de tout ça chez Arai.
Ki-itchi lui a les oreilles décollées, une coiffure singulière et un visage qui l'est tout autant. Il possède certes ce petit quelque chose dans son aspect et son attitude qui le rend attendrissant, mignon même, mais n'en diffère pas moins du mioche kawai à plein temps. Ce qui est néanmoins paradoxal, c'est que contrairement aux autres personnages possédant des visages relativement banals (c'est un euphémisme pour dire moches), c'est celui de l'enfant qui s'avère ici le moins grossièrement dessiné. Une manière d'accentuer son statut de héros, d'être unique en son genre... ou tout simplement parce que l'auteur est tellement mauvais pour esquisser des visages corrects qu'il a préféré se concentrer sur le héros ^^""" ?
Sauf que Ki-itchi s'emporte, cogne, s'isole et quand il échappe à la surveillance de ses parents, ce n'est pas pour suivre le papillon qui vient de s'envoler. Et c'est cette force de caractère ajoutée à un brin d'imprévus (de malchance diront certains) qui l'amène à se fourrer dans d'invraisemblables situations. Le mangaka dépeint ainsi des aspects peu reluisants d'une société faite de commérages et d'exclusions, Ki-itchi y perdant chaque jour un peu plus de son insouciance.
Bref, alors que The World Is Mine, par sa narration décousue et l'attente d'un développement plus clair sur les liens existants entre les différents récits, pouvait s'avérer rapidement lassant, l'auteur en proposant un personnage grandissant relativement attachant laisse de côté les aspects obscurs qui faisaient le (non) charme de sa précédente série. Voilà donc un manga au traitement singulier renforcé par un héros du même acabit mais qui peut, pour toutes ses raisons, se révéler assez difficile d'accès A lire certes, à adopter, tout dépendra du lecteur.
Non, ce n'est pas ce que vous croyez... enfin pas exactement.
Nous n'irons plus au bois,
Les criminels s' sont tirés,
La gamine que voilà
Ira les trucider
Entrez dans la danse,
Bousillez son enfance,
Sautez, dansez,
Ramassez tous les lauriers.
Une comptine légèrement retouchée ? Un peu (beaucoup).
L'hymne officieuse du "Bureau d'Aide Social" ? Très probablement.
Non, ce n'est pas un nouveau réseau pédophile mais une organisation italienne chargée de la protection de la populace. Motifs a priori hautement louables... si ce n'est que le sale boulot est exécuté par des filles cyborg, réchapées de la mort grâce aux miracles de la technologie moderne. Accompagnées d'un "grand frère" (histoire qu'elles ne fassent pas n'importe quoi), elles forment ce qu'on appelle un fratello et enchaînent les missions de secours. Mais derrière ces machines à tuer se cachent des gamines bercées d'illusion qui tentent de demeurer un peu plus longtemps dans cette période d'insouciance appelée l'enfance.
Et mon avis...
Des tueuses - impitoyables ? - contrastant avec des gamines kawai tout ce qu'il y a de plus normal. Un paradoxe : celui de vouloir (sur)vivre à tout prix, rire, s'amuser et celui d'enlever indifféremment la vie. Des grands frères peu démonstratifs - insensibles ? - au passé chargé, attachants... souvent, inquiétants parfois. Gunslinger Girl est le manga de tous les contrastes.
Les missions s'enchaînent, de nouveaux personnages apparaissent, on y raconte leurs histoires, on se surprend à leur donner des raisons et à finalement adhérer à cette ambiguïté que l'auteur, loin d'entrer dans la facilité d'un développement manichéen, arrive à installer.
Donc, (peu) de rires, beaucoup de larmes, de violence et de scènes sanglantes, l'auteur dépeint ici le quotidien de jeunes filles, d'hommes... d'êtres humains tout simplement embarqués et manipulés par de sinistres organisations.
Bref, voilà un manga peu conventionnel prenant forme au delà des frontières nipponnes (il y a une logique claire aux yeux non bridés cette fois ^^""), traitant d'un sujet original toujours d'actualité, le tout livré par un auteur de talent.
A noter que la saison 1 de l'animé est distribuée en France par Kaze, la saison 2 Gunslinger Girl - Il Trietano étant en cours de diffusion sur la télévision japonaise.