Il cartonne au Japon, semble pas mal marcher en France et génère, selon les personnes, des critiques plus ou moins enthousiastes
... Mais après
un chapitre prometteur et l'achat des 2 premiers tomes, quand est-il de mon avis ?
Eh bien, appliquez tous les synonymes liés de près ou de (très) loin au mot
Déception et vous comprendrez à quel point je me maudis de ne pas avoir acheter autre chose.
Commençons, d'une part, par un brin d'histoire qui comme le manga n'hésite pas à s'approprier quelques clichés shôjoesques :
Jeune, beau & viril, Asuka est du type beau ténébreux dont toutes les filles qui se respectent se doivent de crier "Kyaaaaaaaaaaah" à chacun de ses passages. Mais sous ses apparences de bon (et surtout beau) garçon, Asuka cache un "lourd" secret... Non,
ce n'est pas un vaaaaaaampire mais un
otomen.
Comprendre qu'outre une singulière passion pour toutes formes de travaux ménagers, notre cher héros voue aussi un culte à toutes formes de mets sucrés, objets
kawaii et - comble du sacrilège -
shôjo mangas. Autrement dit, toutes les choses qui siéent plus à une jeune fille en fleur qu'à un garçon a priori viril... Mais quand débarque une nouvelle élève, le cœur d'Asuka (celui qui croit à la princesse charmante bien évidemment) s'affole... Et il n'en mènerait certainement pas large, sans l'intervention incongrue du séducteur du lycée qui, en plus de faire accélérer la création du couple en moins (si possible) d'une vingtaine de tomes, semble tirer de cette "amitié" fortuite bien des avantages...
Développons (un peu)...
Quand on vous vend un manga à coup de "découvrez le shôjo du siècle au Japon" (ok de l'année mais c'est déjà pas mal), qu'on vous promet une série bien foutraque et des personnages haut en couleur, et qu'en le lisant, vous vous rendez compte que ce qui est proposé est finalement bien éloigné de ce qui avait été promis, l'envie est d'autant plus forte et le plaisir plus grand de crier haut et fort... à l'arnaque !
Bien sur, j'exagère mais ceux qui s'attendaient, comme moi, à une œuvre aussi drôle qu'un
Host Club et
*regarde en l'air* Yamato Nadeshiko auront de quoi être passablement déçus.
Otomen c'est juste un concept assez original pour faire l'objet de quelques citations élogieuses mais pas suffisamment convaincant pour offrir quelque chose de vraiment délirant. Car là où les mangas du genre proposent des situations aussi singulières que le sont leurs personnages, le développement et les ressorts scénaristiques de la série restent tellement convenus que les situations, à mon sens, marrantes tiennent de l'anecdote. L'auteur ne pousse pour ainsi dire pas assez la parodie et les détournements de shôjo manquent, pour la plupart, de cette folie caractéristique des œuvres citées plus haut... alors que celles-ci ne partent pourtant
pas d'un sujet vraiment novateur.
En gros, Asuka tricote, Asuka coud, Asuka cuisine et puis bah c'est tout... Ah si, vu qu'il a du mal à assumer son otoménité, il la cache (ou du moins tente de la cacher) à son entourage... d'où l'amusant décalage entre ce qu'il montre et ce qu'il est (le vrai lui quoi).
Un des points forts d'Otomen réside donc essentiellement (uniquement ?) dans l'Otomen. Les autres personnages à savoir le comique de service et Mademoiselle "Mon-dentifrice-c'est-un-Colgate" offrent si peu de nouveauté et sont, en outre, si peu développés que j'ai du mal, dans le cas de la deuxième, à y voir autre chose qu'un faire-valoir.
D'ailleurs, quand est-il du contraste tant promis entre Asuka et Ryô ?
Ben, pas grand chose justement, celui-ci ne se résume qu'au fait que notre jeune demoiselle est absolument nulle dans les taches ménagères. On ne peut, de ce fait, pas dire qu'elle dégage une dose de virilité extrêmement élevée, ni vraiment la qualifier de garçon manqué. Ses vaines tentatives
pour se rapprocher, sur certains points, d'une héroïne de shôjo tout ce qu'il y a de plus cliché, lui enlevant la plupart des éléments qui auraient pu accentuer son côté masculin.
Alors, dans la rubrique "trouvons des arguments aussi peu pertinents soient-ils", à qui la faute ? Oui, j'accuse !
- Une campagne publicitaire plutôt efficace nous promettant implicitement un manga parodiant et détournant les codes shôjoesques d'une manière aussi délirante qu'un... Host Club (en dépit d'un scénario très différent) qui s'il se révèle parfois sympathique (voire "génial", il y en a qui pensent comme ça), n'atteint pas vraiment des sommets d'originalité.
- Un éditeur ayant bien compris que la tendance était au shôjo super foutraques et que si un des titres de leur catalogue se démarquait un tant soit peu des shôjo a priori classiques du marché, il fallait absolument le souligner... Au risque de décevoir ceux qui ont déjà lu des shôjo beaucoup plus nawak... sans pour autant les apprécier, ceci dit.
- À nous pauvres lecteurs qui n'arrivons pas, ici, à saisir toutes les contradictions de la culture japonaise et, de ce fait, l'engouement qu'il engendre sur sa terre natale... Parce qu'un mec beau, intelligent... viril qui aime coudre, récurer et cuisiner tout en assumant pleinement de lire des shôjo, je le séquest... tente de le garder par tous les moyens. Alors certes, le voir dans un manga constitue une certaine nouveauté, le mettre en scène dans des situations assez crédibles pour susciter le rire donne un résultat, à mon sens, plus fastidieux.
Bref, je commence à penser qu'avec Akata, les bonnes surprises de l'année dernière ne se trouvaient pas forcément là où on les attendait...
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Comments
Pour l'esprit du manga, il ne faut pas trop s'en faire, les jap' arrivent en général bien à retransmettre ce côté là, c'est au niveau du jeu d'acteur et de la réalisation que ça risque (comme d'hab') de pêcher...
Zieute les news sur le site (ou le forum) de l'éditeur français, c'est eux qui ont balancé l'info sur le drama, il est fort probable qu'ils en reparlent.
Désolé de ne pas t'être d'une grande utilité ^^".