Vampire Knight. Beaucoup de sang et pourtant...
J'ai même pas eu peur... *remarque minable, je sais*.
Un petit topo histoire de donner un peu de consistance à ce billet :
L'académie Cross est ce qu'on peut appeler une école qui marche à plein temps, pas vraiment d'horaires fixes, il y a toujours cours. La raison ? Une classe de jour, une classe de nuit, la day et la night class (parce qu'en anglais c'est toujours plus... classe *ahahah, vive les jeux de mots pourris*). Non, ce n'est pas pour compliquer un peu plus le système scolaire japonais mais pour séparer les humains des vampires tout en faisant en sorte qu'ils cohabitent "en partie" ensemble. Cependant, afin d'éviter un débarquement massif des parents d'élèves, le secret est étroitement gardé et rare sont ceux de la classe de jour au courant... Zéro et Yuki sont des chargés de discipline, respectivement fils et fille adoptifs du directeur de l'école, ils doivent, de ce fait, s'assurer du bon déroulement des changements de classes. Le problème, c'est que comme ces vampires sont évidemment extrêmement beaux, ténébreux, tout ça, la moitié des pouf... filles de l'école entrent en extase dès qu'elles voient un petit bout de leurs orteils... Difficile donc d'occuper le boulot de vigiles quand on n'est pas de taille face à une horde de folles furieuses. Paradoxalement, Zero voue une haine féroce à la classe de nuit alors que Yuki pense au contraire "qu'une coexistence est possible".
Alors, Vampire Knight c'est : une pub web assez hallucinante, une team de scans du même nom, 3 chapitres chez Division XIII, quelques mois d'attente, une libraire enthousiaste... et une douche froide après avoir lu une critique pas spécialement positive. Et le moins qu'on puisse dire, c'est que l'on n'aime ou pas, on est bien obligé de concéder certains points à ses détracteurs. Vampire Knight, c'est le shôjo manga par excellence : des héros poseurs au possible possédant juste ce qu'il faut de ténébritude pour qu'un tas de groupies (qui arrivent à faire pire que moi avec Serj Tankian et Mike Patton) oublient à leurs vues toutes notions de savoir vivre, une fille naïve et le classique triangle amoureux entre Monsieur Parfait, Mademoiselle Je-capte-rien et Monsieur Trop-rebelle-ma-mèche-devant-les-yeux, quoiqu'ils ont tous des mèches devant les yeux... Pas très original, non ? Et pourtant...
L'héroïne n'a certes pas inventé la poudre mais se révèle bien plus attachante qu'une bonne partie des cruches shôjoesque, son côté dévoué, enjoué et désintéressé y étant pour beaucoup, et cela malgré le fait qu'elle soit transie d'amour pour Monsieur (a priori) Parfait ; les personnages torturés à souhait (même parfois trop pour paraître crédibles) sont relativement sympathiques notamment Zero dont la situation pour le moins singulière fait en grande partie l'intérêt du manga... Parce que bon Kaname est bien gentil mais dans le genre beau ténébreux sans défauts, difficile de faire plus horripilant et d'un point de vue purement personnel, j'avoue être pas mal réactive au genre rebelle torturé qui ne capte pas leur sentiment pour l'héroïne... leur réaction face à leur belle étant toujours très marrante. De ce fait, que ce soit dans l'ambiguïté qui naît de cette "cohabitation" ou le triangle amoureux, la "magie" fonctionne assez pour tenir la lectrice (lecteur ?) en haleine, et cela sans pour autant bénéficier d'un développement extrêmement poussé.
Alors certes, une conversation sur VK commence toujours par quelque chose du type :
- "Zéro l'est trop beau" (moi)
- "Non ! Sacrilège, fanatique de Kyo, Kaname l'est vachement mieux" (les autres),
qu'on ne pourra pas forcément accrocher à l'ambiance gothico-sanguinolente, que l'auteur a la fâcheuse tendance à sans cesse se répéter (parce qu'au bout de quatre chapitres, on commence à la connaître l'histoire des personnages principaux) et que... il ne faut pas se leurrer ce manga ne révolutionne pas le genre mais par une narration lente et maîtrisée, un zeste d'humour et une habile utilisation de tous les quiproquos et situations caractérisant un shôjo digne de ce nom, cette œuvre se révèle très sympathique... du moins plus que le laissait présager l'inévitable matage de beaux gosses du début.
Bref, vous aimez les shôjos, les ambiances "dark" (entre guillemets... faut pas pousser non plus), sans pour autant chercher le manga du siècle, vous apprécierez... comme moi. Rajoutons à cela une édition toujours aussi... originale de la part de Panini qui a, comme à son habitude, bien compris que ses lecteurs adoraient les carrés blancs sur les beaux dessins... pour seulement 6,95€ ! ça sent un peu (beaucoup) le foutage de gueule...
Edit : L'animé adapté de la série est en cours de diffusion sur la télévision nipponne. Le chara design est comme on aurait pu le prévoir bien moins beau que les dessins de Hino Matsuri, plus qu'à attendre les premiers épisodes et probablement une sortie en France...

